Stages au Charbon Simple Transfert, à la Gomme bichromatée, au Procédé aux Poudres de Joseph Sury ... Contactez moi
- Philippe Berger

Photographie au Charbon

Livre d'époque de 1876 de D. V. Monckhoven, Traité pratique de Photographie au Charbon 

 Procédé au Charbon Transfert 

Le procédé au charbon fut inventé vers 1855 par Louis Alphonse Poitevin mais mis réellement au point par Joseph Wilson Swan en 1864. Il reste encore à l'heure actuelle le procédé photographique le plus stable dans le temps.

Cela est dû au fait que comme son nom l'indique qu'il utilisait le produit de la calcination du bois ou d'os d'animaux.

Dans une gélatine sensibilisée au bichromate alcalin est inclus un pigment, à l'origine le noir d'ivoire calciné d'où le nom de procédé au charbon.

Le bichromate alcalin durcit la gélatine quand elle est exposée à la lumière ultraviolette à travers les transparences du négatif et elle devient insoluble dans l'eau chaude.

Par contre, la gélatine soumise à l'action de la lumière à travers les opacités du négatif garde sa solubilité lorsqu'elle est dépouillée manuellement dans l'eau chaude par le photographe.

La combinaison des pigments de ces deux gélatines forme l'image pigmentaire finale.

Toutes les parties qui se trouveront sous les noirs opaques du négatif ne seront pas modifiées ou à peine, puisqu'elles seront préservées des rayons lumineux, la gélatine restera donc soluble.

Dans les demi-teintes la lumière agira plus ou moins, selon les différentes valeurs du négatif, peu dans les demi-teintes claires, et assez profondément dans les demi-teintes rigoureuses, la couche mixtionnée se trouvera modifiée dans le même rapport.

Dans les grandes ombres, les rayons lumineux frapperont directement la surface sensible, et l'on conçoit que, cette action se prolongeant, l'insolubilisation devra être proportionnellement plus grande que dans toutes les autres parties.

Or, l'action de la lumière se produisant d'abord sur la surface de la couche sensible, cette surface sera à peine modifiée dans les parties très faiblement éclairées, et la gélatine sensible restera soluble, ou ne sera insolubilisée, que sur une épaisseur presque nulle.

Dans les demi-teintes, la lumière aura plus profondément pénétré dans la couche et la gélatine sera insolubilisée sur une épaisseur d'autant plus grande que l'action de la lumière aura été plus forte.

Dans les grandes ombres, si l'action lumineuse a eu le temps de pénétrer à travers la couche entière de gélatine, celle-ci sera insolubilisée jusqu'au papier, qui supporte la couche mixtionnée.

L'image encore latente sera constituée par une pellicule de gélatine insolubilisée, présentant du côté opposé à l'action de la lumière des creux et des reliefs, laquelle pellicule sera noyée jusqu'au développement dans la masse totale de gélatine colorée.

Si l'on voulait faire apparaître cette image, la débarrasser de la couche pigmentaire qui l'enveloppe, en faisant agir directement de l'eau chaude sur le papier mixtionné, que se passerait-il? Nous avons vu que la lumière n'a pu traverser toute la couche mixtionnée que dans les grandes ombres. Dans les demi-teintes et dans les grandes lumières, seule la surface du papier mixtionné a été insolubilisé, et cela est d'autant moins profondément que la lumière a été plus faible. Il se trouve donc sous cette couche une autre couche de gélatine soluble qui est, en quelque sorte, le complément de l'image latente, et qui, soumise à l'action de l'eau chaude, se dissoudra. Dans ce cas, la gélatine insolubilisée qui, renfermant la matière colorante, forme l'image, n'ayant plus aucun support pour la retenir, se déchirera et disparaîtra en entraînant avec elle toutes les demi-teintes.

Pour y remédier, il sera nécessaire de dissoudre la gélatine qui n'a pas été attaquée par la lumière, et qui reste soluble entre l'image formée par la lumière et le papier, sans attaquer la gélatine insolubilisée.

Le seul moyen d'arriver à ce résultat est de fournir à cette image un support suffisamment résistant qui la préserve pendant qu'on la dépouille de la gélatine qui n'a pas été attaquée par la lumière.

Le support protecteur devra être naturellement appliqué sur la surface qui a reçu l'impression; le dépouillement de l'image se fera donc par le verso, les demi-teintes alors ne seront pas attaquées ou détruites, et la seule mixtion soluble sera mise en liberté par l'eau chaude en laissant l'image pure et nette sur le support qu'on lui a fourni.

Contactez Philippe Berger

pour une information sur la photographie au charbon